DE LA FONDATION DE FERRYVILLE
À
AUJOURD'HUI MENZEL BOURGUIBA




CEUX QUI ONT DONNÉ LEUR NOM À LA VILLE

De sa fondation en 1897 à 1957

Jules Ferry 1832 - 1893
Depuis 1957

Habib Bourguiba 1903 - 2000

  Avocat et homme politique français
  Député républicain et membre du gouvernement de la défense nationale (1869 - 1870). Maire de Paris (1870)
  Ministre de l'instruction publique (1879) et président du Conseil (1880), il imposa la laïcité dans les écoles, la gratuité et le caractère obligatoire de l'école primaire. Sa politique coloniale rencontra des oppositions qui le conduisirent à démissioner en 1885

  Avocat et homme politique tunisien
  Secrétaire général du Néo-Destour (1934)
  Principal artisan de lutte pour l'indépendance de la Tunisie (1932-1956),
  Fondateur de la Tunisie moderne (1957-1987)
  Président du Conseil à partir de 1956
  Président de la République tunisienne de 1957 à 1987, il a été élu président de la République à vie en 1975
  Le 7 novembre1987, à l'âge de 84 ans il est déposé par son gouvernement pour raison de santé.

La fondation de Ferryville a été décidée lorsqu'en 1897, sous le protectorat français, le gouvernement français décida de construire un arsenal maritime au sud du lac de Bizerte au pied de la colline de Sidi Yaya, où se trouvait les ruines d'un fort espagnol. Un spéculateur, Joseph Décoré, qui a dû sûrement avoir des informations privilégiées de personnes du ministère de la défense à Paris sur le projet de construire un arsenal maritime, acheta les terrains sur lesquels seront bàtis la ville de Ferryville et son arsenal. Décoré traça le plan de la ville et présida aux premières constructions, il décèda peu de temps après. En 1900, 3 ans après sa fondation Ferryville compte déjà 5000 habitants, dont 1800 tunisiens, 1000 français et 2200 étrangers dont des maltais, des espagnols mais surtout des italiens majoritairement de Sicile. Ferryville grandira à mesure que son arsenal prendra de l'importance, jusqu'à devenir le plus grand d'Afrique avec ses 5 bassins de radoub. En 1957, avant que commmence le départ de ses civils européens, Ferryville comptait approx. 30 000 habitants dont env. 10 000 d'origine européenne, Bizerte avait pendant cette même période 40 000 habitants. En 1957 Ferryville devient Menzel Bourguiba en l'honneur du président de la jeune République tunisienne. Aujourd'hui Menzel Bourguiba, compte près de 100 000 habitants.
La ville de Ferryville a été bâtie avec plusieurs places en étoile, comme celle de l'arc de triomphe à Paris, c'est probablement pour cette raison que les tunisiens la surnommèrent "le petit Paris", c'est le seul point commun que Ferryville peut avoir avec cette ville,, elle ressemble plus à une ville provinciale de la côte méditerranéenne française, avec ses villas au toit de tuiles rouges, ses quartiers résidentiels, ses rues, avenues et boulevards bordés d'arbres, ses rues commercantes avec son avenue centrale : l'avenue de France avec ses cafés terrasse, ses boutiques, son kiosque à musique. Ferryville avait sa Mosquée et son Église pour la pratique des 2 principales religions de la ville, un stade municipale (le stade Monseron), une salle des fêtes, un hôtel (l'hôtel de Londres sur l'avenue de France), 4 salles de cinéma (l'Olympia, le Métropole, le Rex et le Ferryciné), une école maternelle, 2 écoles primaires laïques (une pour fille l'autre pour garçons), ces 3 écoles étaient situées sur la rue Jules Verne, un collège et 2 écoles religieuses catholiques : l'école primaire Saint Joseph pour les garçons et l'école des soeurs Sainte Agnès primaire et secondaire (classique et technique) pour les filles. La gare de chemin de fer était en réalite située à Tindja, sur l'axe Tunis - Bizerte, Ferryville avait une gare de chemin de fer qui la reliée à 3 km à celle de Tindja. L'été pour combattre les canicules, les habitants avaient plusieurs plages pour se rafraichir, la plage Rondeau, la plage des temporaires et la plage de Guingla. On y retrouvait plusieurs terrains de pétanque, en 1998 l'équipe de pétanque de Menzel Bourguiba a remporté le championat du monde de pétanque, devant les marseillais, il faut dire que les joueurs de pétanque d'aujourd'hui ont eu à l'origine de bons professeurs. Selon l'origine ethnique les commerces se répartissaient approximativement ainsi, les commerces de la poterie, la vannerie, les fruits et légumes, la patisserie (tunisienne), la poissonnerie, la quincaillerie (la quincaillerie Robana) étaient tenus par des tunisiens, les épiceries étaient tenues principalement par des tunisiens venant de Djerba, les tunisiens de religion juive étaient surtout dans le commerce des tissus et des vêtements prêt à porter, les italiens et les français se retrouvaient et se partageaient les commerces des vêtements sur mesure, la chaussure, la boulangerie, la patisserie et les magasins de cycles, les salons de coiffure étaient tenus surtout par des italiens et les librairies- papeteries par des français. Dans la petite industrie et l'artisanat, ceux d'origine italienne dominaient, comme dans le secteur de la construction des bâtiments, des ponts et des routes, la menuiserie et l'ébénisterie, les français se retrouvant surtout dans l'imprimerie, les français préférant la stabilité et la sécurité d'emploi que leur procurait l'arsenal.et qui employait au début des années 50 plus de 6 000 employés. Une scéne typiquement ferryvilloise était l'entrée et la sortie par les 3 portes de l'arsenal de milliers d'employés pratiquement tous en bicyclette.

Photo de René Lombardo, reproduction interdite sans son autorisation
Une vue de ferryville

Photo de René Lombardo, reproduction interdite sans son autorisation
Autre vue, on peut voir la place du 7 novembre avec ses rues en étoile.

Photo de Christian Carrière, reproduction interdite sans son autorisation
1995 - En remontant l'avenue de France

Photo de Christian Carrière, reproduction interdite sans son autorisation

Photo de Christian Carrière, reproduction interdite sans son autorisation
Tindja, le lac Ichkeul et le djebel Ichkeul

Photo de Abdelhamid Hanafi, reproduction interdite sans son autorisation
Vue de Menzel Bourguiba de la place du 7 novembre vers la route de Tunis

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