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FERRYVILLE ENTRE LA VIE ET LA MORT. 1922 - 1923. Cyclone politique sur Ferryville qui risque de disparaître. Les difficultés financières de la France, la réduction des crédits militaires, la limitation à 175 000 tonnes de la flotte par le traité de Washington du 6 février 1022 (contre 525 000 à la Grande-Bretagne et aux Etats-Unis), ont incité le ministre de la Marine Guist'hau (cabinet Aristide Briand) à déposer le soir du réveillon de Noël 1921 un projet de loi réorganisant les arsenaux autour des seuls Brest et Toulon. Bizerte est réduit au rôle de " point d'appui ". Le rapport de la Commission de la Marine (de Chappedelaine 24 mars 1922) est cruel : " Cet arsenal a un rendement des plus faibles … Les travaux produits par l'arsenal de Sidi-Abdallah ne sont ni comme qualité ni comme quantité proportionnels aux frais que nécessite cet établissement. Ceci est hors de toute discussion ". Le député De Chappedelaine révèle que plusieurs solutions ont été envisagées : cession au privé, transformation en établissement industriel, exploitation régie par un consortium… Il propose de rapatrier presque tous les ouvriers français d'origine métropolitaine en réduisant leur effectif de 1247 à 150 (y compris les cadres). Le député assure que l'ouvrier ferryvillois gagne 19 francs par jour ouvrable (au lieu de 14F. en métropole), plus 1F. par jour et par ouvrier pour charge de famille (comme en métropole), plus 3,50F. d'indemnité locale par jour ouvrable pendant sa première année à Ferryville et 2,40F. pendant la seconde année, plus une indemnité spéciale de 40F. par mois aux ouvrier mariés. En moyenne, selon De Chappedelaine, le salaire d'un ouvrier métropolitain se transportant à Ferryvile passe de 15F. à 22,50F. par jour. En outre, il a droit tous les deux ans à un congé de 45 jours en France avec gratuité du passage et frais de route… Dès le 17 février 1922, 103 députés, dont tous les chefs de la gauche, Léon Blum, Jules Guesde, Édouard Herriot, Édouard Daladier, Vincent Auriol, Marcel Sembat, mais aussi l'amiral Guépratte, ont déposé un amendement pour suspendre tout congédiement d'ouvriers ou diminution de salaire [leur souci porte moins sur les ferryvillois que sur les rochefortais, les cherbourgeois et les guérignois (Nièvre) eux aussi visés]. La Commission des finances (5 juillet 1922) soutient le projet de réduction des deux tiers de l'activité de l'arsenal : " l'effectif ouvrier passera de 2192 unités à 800 " et propose le congédiement des 1000 ouvriers en régie dont 600 indigènes ". économie :15 millions. La chambre adopte le projet de loi. Un Ferryvillois, Lelaidier, réfute les arguments de Chappedelaine dans une brochure de onze pages parue à Tunis (1922) : " De l'importance du rôle de l'arsenal ". Un certain Paul Bonnard défend aussi Ferryville dans trois publications. Heureusement de Sénat stoppe le projet (malgré un rapport complémentaire. De Chappedelaine 6 février 1923). Le sénateur Henri Lémery (rapport déposé le 20 juin 1923) conteste les chiffres de De Chappedelaine. Si 300 ouvriers d'origine métropolitaine gagnent 23,40F., les 600 ouvriers ferryvillois recrutés localement ne reçoivent que 19,10F. par jour, et les 580 ouvriers indigènes "(en fait des manœuvres) seulement 8F.80. Alors que les toulonnais gagnent 16,40F. et les Brestois 13,90F. Il note : " La main d'œuvre métropolitaine de Ferryville a, pendant les mois chauds de l'été, un rendement moins bon " (qu'en France). Finalement le Sénat décide le maintien de l'arsenal en réduisant son importance. Ouf! Ferryville est sauvé et va même s'enrichir : la même loi qui diminue de moitié Guérigny et ferme complètement Rochefort va provoquer en 1926 une arrivée nombreuse de Rochefortais . En dépit des discours parlementaires, l'arsenal compte de grande classe. comme cet Aquaviva si habile que, sous ses doigts, le marteau-pilon (plusieurs tonnes d'acier) peut choir sur une noix et la briser. Son " matelot ", un Tunisien, jure qu'il mettrait sa tête en toute confiance sous le marteau-pilon : " Il s'arrêterait, dit-il, à mon oreille. 1932. Un nouveau quartier voit le jour entre le boulevard de l'Hôpital et le boulevard Carnot, celui de la Nouvelle Cité maritime. Tout le monde a oublié l'ancien nom de Sidi Saîd. L'ENTRE DEUX GUERRES. La vie est plus souriante pour les ferryvillois qui transposent sous le ciel africain les traditions du midi français. Un comité des fêtes, composés surtout de toulonnais, organise un carnaval chaque année à Mardi-Gras. L'an 1924, le thème est " les Chrysanthèmes ". Le premier prix est enlevé par un groupe déguisé en japonais où l'on reconnaît Élise, Louise, Nanou et Suzanne Racier. Un kiosque à musique a été bâti sur la place du Marché (Place Guépratte) et il retentit le dimanche des cuivres de la Lyre ferryvilloise dirigée par M. Fauveau le forgeron de la rue Courbet, que l'on dit sourd comme un pot. L'hiver, le dimanche matin, " on fait l'avenue " inlassablement entre Giner, Robana et la poste; l'après midi, on va au stade Manceron, route de Tindja, puis au bal de la salle des fêtes, ou au cinéma. Il y a trois cinés à la veille de la guerre de 39, le Métropole, l'Olympia, le Ferryciné, auxquels s'ajoutera le Rex. La jeunesse qui poursuit ses études au Cours Complémentaire jusqu'au brevet élémentaire subit la forte influence du directeur d'école, M. Salomon, originaire de Lyon, dont la femme travaille à la poste. Un lettré de province, libéral, qui refuse de censurer les lectures des enfants. " sa fille lit Pierre Louÿs ! ". Son dessein est de susciter un intérêt littéraire dans une ville où l'on fait la part belle aux seules mathématiques. Il sera remplacé par M. et Mme Faurel, sourire et générosité, eux-mêmes suivis par M. et Mme Auger. Lui pète-sec et jugulaire, elle, exceptionnelle pédagogue dans le style " hussards noirs " qui sera à la tête de l'école des filles. Lorsque l'école franco-arabe s'installera sous les arcades, M. Bacciochi en sera le directeur. A Tindja, l'école est tenue par Roger Laroquette, grand propagandiste de rugby. Le 1er octobre 1938, l'amiral Nouvel de la Flèche inaugure près de l'Église le nouveau bâtiment de l'internat professionnel que M. Vigaros (autre adepte du rugby) dirigeait depuis 1933 au Temporaire (entreprise originale, mi-Marine, mi-Éducation, qui formera de nombreux techniciens tunisiens). Très vite, les jeunes instituent une sorte de rite de passage, bien qu'ils ignorent le mot et la chose, rite qui leur ouvre l'âge adulte : l'escalade du djebel Ichkeul jusqu'à la " Grotte aux pigeons ". Pourquoi ce caractère mythique aux yeux des adolescents?. Parce que les adultes vont chasser aux abords de la grotte?. Que c'est un jeu interdit jusqu'à la mue de la puberté?. En réalité, le guano qui recouvre le sol n'est pas de la fiente de pigeons mais celle de centaines de chauves-souris. Grotte des Vampires est un nom qui lui conviendrait mieux, Le mythe s'enrichit de la présence au pied du djebel de buffles appartenant au bey et que les personnalités vont chasser à l'épieu comme les mérovingiens. Enfin, il y a les sources d'eaux chaudes où les romains avaient construit des thermes (Hammam el Djerad ou Bains de la Gale), et, sur le chemin, les jeunes s'y baignent traditionnellement. Dans les dernières années de l'entre-deux-guerre, quelques filles seront acceptées. A partir de 1940, on n'ira plus à la grotte, et ceux qui avaient moins de quinze ans alors se sentiront frustrés toute leur vie de cette initiation manquée. Dernière plaie, clandestine celle-là car les français ne s'en doutent pas : la MAFIA tente de s'introduire à Tindja en rançonnant les paysans siciliens à qui elle adresse des petits cercueils. Les récalcitrants découvrent au matin leurs cuves à vin vidées. Le tindjacien Philippe Bongiorno, né en 1929, témoigne : " Enfant, j'ai vu brûler la ferme Jerbino et les écuries Sergio, j'ai entendu les appels au secours de la famille Machera sauvée in extremis par les militaires français du poste de projecteurs, j'ai vu les mines déconfites de viticulteurs dépossédés d'une partie de leur récolte, j'ai entendu les lamentations des plus faibles qui s'inclinaient sans recours comme le père Scibilia. ". Heureusement l'appareil étatique français marginalise cette délinquance mafieuse. Les fondateurs de Ferryville désiraient greffer un bout de France en Tunisie. Ils n'avaient pas prévu que cette " francisation " effective de la région s'accompagnerait d'une " tunisification " de la population européenne : La première friandise de l'enfant ferryvillois est le " beignet " (le fteir) et le premier plat de la famille est le couscous. Le vocabulaire quotidien est émaillé de mots d'expression arabes et les jurons sont bilingues. Lorsque l'instituteur demande aux écoliers de dessiner un arbre ou un animal, c'est le palmier et le dromadaire qui ont invariablement leurs faveurs… L'italianisation est toute aussi importante. Il y a fusion de trois civilisations. 1837. Le 20 septembre les élèves fascistes du navire école Americo Vespucci en escale à Tunis vont mettre à sac le cercle antifascistes Garibaldi et le siège du journal de la Ligue italienne des droits de l'homme L'Italiano di Tunisia. Ils tuent un ouvrier menuisier sicilien de 22 ans Giuseppe Micelli. Les relations entre les français et les siciliens séduits par Mussolini qui n'ont jamais été cordiales tournent à l'aigre. Mots et injures. Même chez les écoliers. Les italiens naturalisés français sont brutalisés. La " Casa d'Italia " de Ferryville, très active avec son école italienne, est un centre de propagande fasciste antifrançaise et le parti faciste italien a implanté une forte section. La tension s'accroît jusqu'à l'incident lorsqu'un ouvrier de l'arsenal, fraîchemrnt naturalisé, déclare : " Moi je suis français le 1er et le 15 du mois ". Chacun comprend : les jours de quinzaine (la paie). Un des plaisirs ferryvillois, l'été, est de fréquenter les cinés en plein air sous le ciel étoilé. Pendant la saison chaude, le rendez-vous quotidien, c'est le bain de mer à la plage Rondeau, à celle du Temporaire ou à Guengla. Les familles achètent des cabines au Temporaire ou des cabanons en dur à Rondeau où ils passent quelquefois la nuit du samedi au dimanche. Les soirs d'été, les mères sortent leur chaise devant la porte, les hommes s'asseyent par terre, on se groupe. Les vieux marins racontent leurs naufrages de la guerre de 14. Les garçons jouent au quinet tant qu'il fait jour, ou aux boules, les filles et les plus jeunes aux métiers. Les derniers jours d'école, juste avant les grandes vacances, pendant les recréations, puis dans les rues, les écoliers chantent à tue-tête " Gai, gai l'écolier c'est demain les vacances, gai, gai l'écolier c'est demain nous partirons, a bas les analyses, les verbes et les dictées, tout ça c'est d'la bêtise allons nous amuser, gai, gai l'écolier … ". Tous les 13 juillet, la retraite aux flambeaux rassemble la population avant les bals. Le lendemain c'est la revue militaire avec les ingénieurs de l'arsenal en grand uniforme. Le 25 août, on fête la Saint-Louis autour des sorbetières. A l'automne, les chasseurs vont traquer sangliers et marcassins dans les Mogods ou la forêt d'Aïn Draham ou parcourent les garrigues de Béchateur et de Ras Engéla, plantées de bouquets de lentisques et de genévriers, ou encore les plaines à perdreaux du " 17ème ", route de Tunis. Les enfants, eux se contentent de chasser les tortues de l'oued Sedjenane. Les plongeurs vont près de Karouba pêcher de grandes nacres qu'ils nomment des " moules rouges " et qu'ils mangent farcies. Mais nul plaisir vraiment n'est au-dessus du pique-nique à la Corniche, l'été, ou au Bois de Boulogne, au printemps et à l'automne. Chaque groupe a le sien et celui des bretons a la réputation d'être le plus joyeux. " A l'anchois, la fougasse ! " La torpeur des après-midis d'été est traversée par le cri de Monsieur Borg, " le Maltais ", qui pousse un vieux landau équipé d'un four. Les enfants surgissent des maisons et se pressent autour de Monsieur Borg, vêtu de noir, hautain comme un banquier, puis ils s'éloignent en dévorant la fougasse tiède, sorte de pissaladière, pâte à pain moelleuse gorgée de tomates, d'oignons, d'huile, et couverte d'anchois et de câpres. Il est l'un des deux Papa Gâteau de la ville, l'autre étant " Bonnami " le marchant de " beignets " toujours là à la sortie des classes, son grand plateau métallique en équilibre sur sa chéchia. Le sport est la grande distraction des ferryvillois qui disposent de trois stades (quatre après la Seconde guerre), foot-ball, rugby, water-polo, boules, athlétisme (saut à la perche), tennis.... Dès le début du siècle, les sociétés de gymnastique La Vaillante de Ferryville et La Patriote de Tindja ont rassemblé les jeunes, mais il y a aussi le Sporting Club de Ferryville (foot-ball), l'Étoile Sportive Ouvrière (soutenue par le parti communiste) et le Rugby Club Ferryvillois. (Sous Pétain ordre sera donné de réunir les sociétés en une seule Union sportive de Ferryville U .S. F .). Tout n'est pas rose pour autant. Il y a les mouches, les moustiques (porteurs de paludisme ) mais la plaie majeure est celle de vols. Presque pas de crimes de sang. Sur le bord de la route de Tunis, une bicoque isolée, inhabitée, lugubre est nommée " la Maison du crime " . Interrogés, les anciens peu loquaces répondent qu'un couple y a été égorgé une nuit, jadis… Vers 34-35 on jase sur l'affaire passionnelle de la Maison Viola, en face du tout neuf Olympia. Un mari trompé, Le L., un Breton, rentre chez lui, l'amant S. (menuisier ferryvillois) saute du 1er étage, rue Mirabeau. Le L. décroche le fusil de chasse, tue sa femme et se suicide. Et puis, l'été , il y a le Sirocco. Nuit et jour. On dort à même le sol sur le carrelage et les commères superstitieuses comptent les jours car le vent saharien a la réputation de souffler trois, neuf ou 21 jours. Ces jours-là la voiture du marchand de glace alimentaire qui débite ses blocs à grands coups de trident est guettée plus que d'habitude. Parfois la nuit, une lumière rougeâtre embrase le ciel vers l'Ouest : " Les Mogods sont en feu ", crie quelqu'un. Que de bois et de taillis ont dû ainsi flamber en ces temps sans Canadair?. Les garçons ont d'autres coutumes comme la traversée du lac à la nage (vers Menzel Djemil). Ils vont aussi, les parents l'ignorent, faire du nudisme sur l'île de Kériba (Grande Njila) devant Sidi Ahmed. Un dimanche de l'été 1938, la nuit venue, les mères angoissées attendent leurs enfants qui sont partis depuis le matin avec une barque de l'autre côté du lac. Le temps était calme et chaud mais dans la journée le vent s'est levé et le lac est agité. En fait, la barque est en panne au milieu du lac. Le plus sportif du groupe, un bel athlète, Lulu (Lucien) Narboni, plonge et traverse la moitié du lac pour trouver du secours. Quand il s'approche de l'arsenal (Direction du port : D.P.), la sentinelle tire sur lui. Heureusement, un groupe de jeunes est rentré par la route et va avertir les gendarmes de l'arsenal. Au milieu du lac, les garçons ont droit à un sauvetage très cinématographique avec un remorqueur qui fouille la nuit avec des projecteurs. 1938. Le 28 septembre à Ferryville on s'attend à la guerre contre Hitler et Mussolini. Les masques à gaz font leur apparition et les anciens combattants s'esclaffent quant une femme ou un enfant s'étouffe en les essayant. Le 30 septembre, les gens se passent La Dépêche ou le Petit Matin qui annoncent l'accort de Munich. Ouf général de soulagement. 1939. Le 1er janvier, Edouard Daladier, président du Conseil, venu à bord du croiseur l'Algérie, débarque à Bizerte. Gesticulation à l'adresse de Mussolini. A Ferryville, Rome a fondé une " Casa d'Italia " active, qui aura après 1940 son école italienne , et le parti fasciste italien a implanté une forte section. Les nombreux siciliens naturalisés sont " brutalisés ". Les heurts, verbaux , sont nombreux, même chez les écoliers, entre français et siciliens. 1939. Fuyant les putschistes du général Franco qui s'emparent des ports, la flotte gouvernementale espagnol ( c'est-à-dire " républicaine ") est venue se réfugier à Ferryville et mouille dans le lac et à l'arsenal. L'officier d'administration Jean Defrance se souvient en 1995 : " Il y avait le croiseur Calderon et quelques torpilleurs ou contre-torpilleurs. Je fus chargé de me rendre à bord pour demander à chaque commandant quels étaient ses besoins. Je leur livrais le matériel indispensable ". Le 27 février, le gouvernement Daladier décide " d'interner " l'escadre. Autrement dit de la capturer. 1939. Mars. Fin de la guerre civile espagnole commencée en 1936 : un million de morts. Des officiers franquistes viennent prendre possession des navires dont ils changent le nom. Les Ferryvillois médusés les voient faire le salut fasciste. Les marins loyalistes doivent partir pour la France et les camps. A la gare de Ferryville, la population va entourer les wagons. Edith Defrance raconte en 1995 : " Alors que le train roulait lentement, nous tendions des pains aux espagnols qui se penchaient aux portières ". *Le commandant du Calderon est envoyé aux mines d'Oum Dhouil (cap Bon) où il trouvera Jean Defrance mis aux arrêts de forteresse est écarté de la Marine en 1940 pour avoir dit au Cercle Naval qu'il voulait continuer le combat au côté des Anglais). De nombreux soldats de l'armée républicaine venant des Pyrénées Orientales vont être accueillis à Ferryville. 1939. L'arsenal qui, en 1037, a reçu dans son grand bassin le plus gros pétrolier du monde, le " Mickey " ,fonctionne à merveille et le gouvernement décide l'agrandir vers l 'Ouest en le reliant à la Pyrotechnie. Ce vieux projet est mis en chantier en 1939 et une digue est posée à 100 mètres du rivage devant la plage du Temporaire. Puis on assèche la surface isolée. Pêche miraculeuse qui, les derniers jours, voit les groupes d'enfants joyeux courir derrière des dizaines d'anguilles insaisissables. Jamais ce projet, pour lequel on a sacrifié la plage à l'eau la plus pure, n'ira au-delà. Vers 1970, des vaches paîtront là où des milliers de Ferryvillois ont appris à nager. |