Envoi de Brahim Majouji, Laval, Québec

Mardi 13 Janvier 2004
Parc national de l'Ichkeul
Un plan d'action pour contrecarrer la dégradation des ressources
• Variations au niveau de la salinité et de la hauteur de l'eau selon les saisons. Situé dans la plaine de Mateur, à 75 km au nord de Tunis, le Parc national de l'Ichkeul couvre 12.600 ha se répartissant en une montagne de 1.363 ha, un lac de 8.500 ha et un marais de 2.737 ha. Sa création fait suite à un décret présidentiel n°80-1608 en date du 18 décembre 1980. A première vue, le parc se distingue par son aspect verdoyant grâce à la présence de plusieurs espèces de plantes. Au fil des ans, les habitants autour du parc, utilisant les ressources d'une façon incontrôlée, ont constitué un vrai danger pour l'écosystème qui s'est trouvé menacé. Aujourd'hui, le parc est inscrit sur les listes internationales des réserves de la biosphère, du patrimoine mondial culturel et naturel (Unesco) et de la convention de Ramsar. En communication avec la mer par l'oued Tinja (5 km) via le lac de Bizerte, le parc national reçoit en hiver les précipitations recueillies par le lac. En été, on assiste à une importante évaporation de l'eau de ce lac, influant ainsi sur la surface qui est soumise à de fortes variations au cours de l'année. En effet, s'étendant sur 78 km2 en été, cette surface passe à plus de 110 km2 en hiver. Le niveau de l'eau varie également entre 1 mètre et 2,50 mètres selon les saisons, tout comme la salinité dont le degré change au cours de la même année, selon la pluviométrie et dépasse même parfois la salinité des eaux… de mer en été. Suivi et recherche Le lac Ichkeul se distingue par d'importants herbiers aquatiques dont principalement «le potamogéton», principale nourriture des oiseaux migrateurs aquatiques. En fait, ce site constitue un lieu d'accueil au cours de l'hiver pour ce genre d'oiseaux «du paléartique occidental». Le lac abrite aussi une population de poissons d'eau saumâtre, notamment les muges et les anguilles. Les oiseaux nicheurs (poule sultane, aigrette garzette) trouvent dans les marais un abri pour la nidification. Outre la végétation diversifiée - l'espèce la plus caractéristique est «le scirpe maritime» - on remarque aussi les buffles d'Ichkeul qui confèrent au site un charme particulier. Même le jebel de l'Ichkeul est riche en biodiversité puisqu'il présente une multitude d'espèces végétales variées. Il constitue un habitat pour les mammifères, les reptiles et les oiseaux (rapaces, passereaux…) de passage ou nicheurs. Reste que le parc, qui est un écosystème fragile situé dans une région en plein essor (entendez expansion socioéconomique), est une réserve d'eau douce pour le pays. D'où les six barrages entrant dans le cadre du programme de mobilisation des eaux de surface. L'écluse de Tinja est un ouvrage de régulation et de maîtrise des échanges d'eau entre l'Ichkeul et le lac de Bizerte. L'étude pour la sauvegarde du Parc national de l'Ichkeul a débouché notamment sur un programme de développement économique et social. Il s'agit de la définition d'une solution de gestion écologique du parc intégrant les exigences socioéconomiques de la région pour consacrer le développement durable. Le plan a retenu dans le cadre de la gestion écologique des écosystèmes (sauvegarde et/ou restauration) le lac, les marais et le jebel. Un programme de suivi général et scientifique ainsi qu'un programme de recherche font partie également de ce plan qui comporte d'autres chapitres comme le développement de la pêche, la réinsertion socioéconomique de la population résidente, «la transformation» de l'élevage, l'accueil, l'information et la formation ainsi que le suivi de la zone sensible. Des actions relevant de l'Agence nationale de protection de l'environnement (ANPE) s'inscrivant dans le cadre du plan de gestion sont également retenues. Outre le suivi scientifique de certains paramètres (salinité, niveau de l'eau…), on s'intéresse aux paramètres biologiques, à la réhabilitation de l'écluse… La promotion du parc à travers des activités de sensibilisation et l'implication des ONG dans certains programmes sociaux prévus ne peuvent que préserver le parc dans un bon état et permettre la reconstitution des espèces végétales.
Chokri GHARBI



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